Fatiguisme.

Ce site est définitivement fermé, et temporairement rouvert...ce n'est pas une raison pour ne pas l'ouvrir. (Lionel Jospin)


A force de regarder mon nombril en quête d'ailleurs, j'ai décidé il y a quelques temps* d'ouvrir mon bavoir au monde entier, au milieu des colifichets et des marchands du temple, coincé entre les poncifs.com et les dépressifs point à la ligne.

Voilà, c'était ma phrase d'accroche. Je ne l'ai pas changée depuis 3 ans.

Quand le doute m'assaille, n'ayant guère les moyens de retrouver les guerriers du même nom en Afrique, je ponds tel la poule des âneries passagères. Je me mégalomanise, je me célèbre, j'ai l'impression, ça m'occupe. Putain, je me trouve terriblement brillant ! Ah, ça mériterait un prix, des honneurs, une distinction ! C'est la grande classe qui m'irrigue, la verve en plume, je m'étonne encore. La poissonnerie du petit texte, de l'en-cas, de l'à-propos, oui, j'avoue, c'est moi, c'est ici. Ça ne vous coûtera rien, à vot'bon c½ur messieurs-dames, lisez-en un, je vous jure que c'est gratuit, que c'est de la bonne...

Mais bon.

Depuis quelques temps, de nombreux usurpateurs, et pas des moindres, des dilettantes, des libéraux, parfois même des Anglo-saxons, tentent de m'imiter sous la forme d'un machin, au néologisme étrange, "weblog" ou, pour les fainéants, "blogs". Ceux-là ne tiennent pas la comparaison, et crèvent rapidement par manque d'envie, de verve, de petit dégoût. Alors que moi, ah, MOI, ah ah ah ! J'ose l'avouer : moi !
Désagrégé de l'être moderne.

PS : non, ce site n'est pas un site collectif. Je hais le collectif, les chauffeurs de taxi, les agences immobilières...Ce site n'est pas non plus le blog d'Alain Juppé, faut pas déconner.

*Décembre 2004

# Posté le mardi 22 avril 2008 06:54

Modifié le mardi 12 mai 2009 22:49

Reflex 24*36, Mac Plus (r)

Baudrillard, pardonne-moi.
Non pas de t'avoir appelé ; avec d'autres à Nanterre, pendant tes cours nuls sur le cinéma ; Bredouillard.

Non, pardonne-moi car les objets, vois-tu, et un peu comme toi, finalement, j'aime bien, pour peu qu'un type ait mis du temps à les fabriquer, pour peu que je puisse les conserver longtemps.

Pour peu qu'ils soient solides.

Et là, en lisant un long article dans Les Échos du mercredi 13 décembre de l'an de grâce 2000 (troubadours, troubadours), j'apprends que le marché de la photographie au Japon, c'est du numérique à 50 %. Au lieu de m'en plaindre, je m'en réjouis égoïstement. Tant pis pour vous, Japonais. Tant pis pour vous, consommateurs occidentaux. Tant pis si vous n'aurez plus jamais ce plaisir du papier noir et du papier blanc, de l'ampoule rouge et du temps qui s'impose pour faire plaisir via la patience, voie royale.

Tant pis pour vous.

Parce que les appareils argentiques vont être de moins en moins chers d'occasion. Et ça, c'est la grande nouvelle. Je vais me faire une collection à bas prix.

J'ai déjà une collection de vieux ordinateurs qu'on n'allume plus du tout. Des vieux macs qui coûtaient 20 000 francs il y a 10 ans déjà.

Ils sont trop lents.

Trop lents.

Lents.

Lent.

# Posté le mardi 22 avril 2008 06:56

Boîte noire.

Boîte noire.
J'ai une boîte noire, puis une deuxième, puis une autre. Un Minox allemand, des Nikon japonais, un Rolleiflex de temps en temps. Des bons à rien ceux-là. Incapable d'arrêter le temps qui passe une bonne fois pour toutes, je les cumule, je les use, mais rien à faire. Il y a toujours la prochaine image au coin de quelque part. Une aubaine, un moment, et voilà, un souvenir...


J'ai un appareil photo. C'est mon usine à moi. Pendu autour de mon cou, j'ai l'impression d'être un artiste ingénieur, un type qui fige à jamais les moments perdus. Perdre son temps devient une belle histoire quand ce temps se trimballe en noir et blanc entre les mains des copains un jour.

J'ai un agrandisseur. C'est mon usine à moi aussi.

Dans ma cuisine-labo, je fais attention à ne pas allumer la lumière.

Je glisse le négatif dans ma cuisine de grand chef bordélique, je fais des essais, je lave, je laisse frémir, ça sèche, je pends.

Et les voilà, sur du vrai papier qui gondole avant la presse. Ils apparaissent dans le noir, ils sont parfois peut-être déjà morts. Les voilà mon histoire ma vie mes moments passés. Les voilà. Ils peuvent durer à peu près 2 milliards d'années mais après, fini les souvenirs, fini les instants, fini les sourires.

Tout va cramer. Il paraît que les étoiles vont tomber pour de bon dans la mer. Tout va cramer comme quand on allume la lumière sur le papier pas fixé.

# Posté le mardi 22 avril 2008 06:59

Grand Angle.

Grand Angle.
Le grand-angle, en 24 x 36, est une focale inférieure à 35 mm. Les néophytes s'en moquent totalement, les pros aussi, il n'y a plus de débat sur l'angle d'approche en photographie.

L'½il voit à 43 mm. C'est comme ça. On grossit ce que l'on voit à 43 mm. Cartier-Bresson recommandait d'utiliser un 50 mm, parce que ça ne déforme rien, c'est la réalité même, c'est du pur, du vrai.

A la télé dans la cafet', une émission qui passe. Un récapitulatif des nouveaux animateurs de je ne sais quelle chaîne, le tout filmé au grand-angle. Le comique s'approche énormément de l'objectif de la caméra, on le voit en gros plan, il est déformé, c'est rigolo. En plus, il reste net, gros avantage des "grands-angles", la profondeur de champs* est très très grande. Il s'approche, il se cabre, il en rajoute encore.

Il n'est pas très drôle, il fait dans la grimace et le vite fait, dans le visuel tout le temps pareil. Une perruque, quelques accents, pas de discours. Et surtout un grand-angle, pour avoir un peu de profondeur... de champs.

Coluche, j'aimais pas trop, mais quand je l'entends maintenant, au 50 mm à la radio, j'adore.

# Posté le mardi 22 avril 2008 07:01

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 08:50

San Juan, Salgado.

San Juan, Salgado.
Salgado. Voilà un type qui se donne les moyens. Il monte des projets, trouve des financements, montre les malheurs des autres en noir et blanc sur de grands tirages, trop sans doute, le grain de sa Tri-X et de sa TMax 3200 est un peu épais.

Un peu épais aussi sont les traits des messages, la misère du monde étalée là, dans le Marais parisien, comme une crotte de chien laissée par un enfant du Bangladesh en plein XVIème. Les commentaires vont bon train, de cet homme aux allures étranges qui parle de vomi devant tant de misérabilisme à cette femme obèse qui dit tout haut ne pas se rendre compte que l'humanité en est là.

Il y a aussi dans la presse un imbécile heureux qui trouve qu'effectivement, "on ne devrait pas faire ça, la misère esthétisée".

Moui, bof.

On peut bien faire ce qu'on veut. Salgado montre les yeux des enfants, les poubelles des autres, des exils qui nous attendent, d'autres qui nous contournent.

Le problème, c'est quand il parle. Il raconte que le sud des Etats-Unis est dorénavant un vrai melting-pot hispanisant, comme si la richesse de toutes les cultures présentes ne faisait qu'une.

Il doit dormir à l'hôtel trop souvent.

# Posté le mardi 22 avril 2008 07:04